08.11.2009
JE T'AIME MOI NON PLUS...
Il y a de quoi s’y perdre : après des petites phrases assassines de début de mandat, voilà désormais que Nicolas Sarkozy adore Jacques Chirac. Il est venu le dire vendredi à la Sorbonne, à l'occasion de la remise des premiers prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits. Nous avons eu droit à toute une série de « Jacques » par ci, « cher Jacques » par là, l'actuel Président a loué la « vision du monde » de son prédécesseur, son « courage », « l'esprit de paix » qui l'anime. « C'est pas tous les jours que j'ai le plaisir d'être aux côtés de Jacques Chirac », a-t-il conclu Rien que cela... Alors, sincérité de dernière minute ou bien cirage de pompes rendu nécessaire ?
Curieux spectacle que celui donné à la Sorbonne. A Dominique de Villepin, considéré comme « coupable » avant son jugement dans l'affaire Clearstream, le président promet un « croc de boucher » ( expression totalement inacceptable en démocratie !) ; à Chirac, il clame son « estime et son amitié ».
Que cache cette pseudo-réconciliation ?
Dans ses mémoires, Chirac n’est pas tendre avec Giscard et Balladur, mais il ménage Sarkozy.
le livre de Chirac ne couvre que la période allant jusqu'à sa victoire à l'élection présidentielle de 1995. Pour ses rapports houleux avec son ministre Nicolas Sarkozy, il faudra sans doute attendre un éventuel deuxième tome. On se souvient notamment de la remise au pas qu'il avait tenté de faire, en juillet 2004, en rappelant la préséance qui s'impose : « Je décide, il exécute. »
Je ne crois pas du tout en une réconciliation entre les deux hommes : ce qui s'est passé à la Sorbonne vendredi n’est pour moi qu’un acte politique supplémentaire en cette période difficile pour le président Sarkozy....
Chacun des deux hommes a, aujourd’hui, intérêt à une « réconciliation » : Jacques Chirac vient d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Apparaître comme un grand président, populaire, admiré par son successeur, renforce évidemment sa position dans le procès qui va s’ouvrir bientôt...
Quant à Nicolas Sarkozy, il voit sa popularité tomber chaque jour.... On dit même que Dominique Strauss-Kahn pourrait le battre en 2012, s'il se présentait. D’où l’importance de se présenter aux côtés de son « cher Jacques », qui lui, regorge de popularité, surtout depuis qu’il a quitté la fonction présidentielle, notons le tout de même au passage !
Il en est ainsi en république : la politique n’est pas au service du pays, mais au service des femmes et des hommes chargés, par le suffrage universel, de diriger le pays ! Ces deux hommes qui ne se portent pourtant pas grande estime, sont actuellement en danger :, s’il veulent sauver leur peau, il n’ont d’autre choix que de s’unir...
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